14 septembre 2015, au siège de la FFA, 33 avenue Pierre de Coubertin, je rencontre dans son bureau un homme calme, heureux, qui va me répondre en toute humilité.

Jean-Sébastien Ménigoz dans son bureau à la FFA

  • Jean-Baptiste d’Athlérunning 94 : Comment se nomme l’intitulé de ton poste à la FFA ?

Jean-Sébastien Ménigoz : C’est un peu compliqué car mon poste est actuellement en pleine redéfinition, mais c’est pour l’instant « directeur adjoint en charge de la logistique des équipes de France et du soutien aux athlètes » et la direction et moi-même sommes actuellement en train de trouver une définition à la fois plus simple et un peu plus claire.

  • J-B : Mais alors en quoi consiste ton travail ?

J-S : En gros il consiste à organiser les compétitions internationales des Equipes de France (EDF) aussi bien jeunes que les « Elite », c’est-à-dire les championnats internationaux mais aussi les événements organisés au titre de la fédération (type Décanation, championnats de France), mais également les stages de préparation « Elite ».


Je m’occupe essentiellement de l’Elite, les seniors, mais je peux également préparer avec Olivier Bellocq et Thierry Cristel (en charge des Equipes De France Jeunes) le grand championnat annuel (Championnat du Monde ou d’Europe selon l’année).

  • J-B : Quelles sont les prochaines échéances ?

J-S : Le stage préolympique à St Malo au mois de novembre, le championnat du monde en salle à Portland cet hiver, le championnat d’Europe à Amsterdam, le stage de préparation annuel de l’EDF à Potchefstroom en Afrique du Sud, le stage de préparation final à Sao Paulo et bien sûr le grand événement : les Jeux Olympiques qui vont arriver très vite maintenant. Mais également, en 2016, en plus pour la première fois le championnat d’Europe cadets. Une grosse année de travail nous attend.

  • J-B : Mais alors concrètement, en quoi consiste ton travail au quotidien ?

J-S : C’est d’entrer en contact avec les organisateurs des compétitions, via l’IAAF, la Fédération Européenne d’athlétisme et les comités locaux d’organisation pour voir avec eux chaque détail de l’organisation, que ce soit au niveau des transports, de l’hébergement, de la restauration, de l’importation de produits de consommation, à la fois sur le plan médical mais aussi de l’équipement. Ainsi que la commande au préalable de tous les équipements de championnats auprès de notre partenaire ASICS, puisque nous équipons 27 compétitions internationales dans l’année avec le trail, la marche, la route, la piste…
Il faut savoir que rien n’est laissé au hasard, surtout pour les JO. Il y a déjà eu des visites des manageurs de spécialités à Rio et à Sao Paulo pour faire en sorte de mettre les athlètes dans les meilleures conditions pour qu’ils n’aient plus rien d’autre à penser qu’à leur compétition.
(Petit scoop : une combinaison révolutionnaire est à l’étude pour les sprinteurs…).

  • J-B : détaille-nous ce que c’est de les mettre dans les meilleures conditions.

J-S : C’est les accompagner au quotidien, avant pendant et après leur compétition. C’est également permettre la présence de leur coach personnel. Il n’y a pas que l’EDF qui se déplace, il y a aussi tout l’encadrement qui permet de mettre en confiance l’athlète. Les coachs sont présents, logés également pour suivre l’athlète jusqu’au bout.

  • J-B : Tu es finalement « dans l’ombre », mais tu es en quelque sorte le bras droit de Ghany Yalouz le DTN, mais au niveau responsabilité de l’intendance de l’EDF ? 

J-S : Oui, de l’intendance des athlètes, du staff médical, des entraineurs…
Par exemple, à Pékin, il y avait 48 athlètes et près de 40 personnes dans l’encadrement et la communication.
J’appartiens à la Direction Générale (DG), pas à la Direction Technique (DT). Je n’interviens jamais sur la composition de l’équipe.

  • J-B : Tu es finalement un peu la « nounou des athlètes » ?

J-S : Oui, c’est un peu ça. C’est un poste qui existe dans à peu près toutes les autres fédérations, au foot, on appelle cela le manageur des EDF. Chez nous, le terme est déjà utilisé pour d’autres.
Ce qui compte c’est que nous ayons de bonnes relations avec la DT et pouvoir travailler dans une direction commune et en concertation.

  • J-B : Depuis combien de temps occupes-tu ce poste ?

J-S : Je suis rentré à la fédération en janvier 2007, je m’occupais des achats, des dépenses et de la logistique de la Fédération. Puis le poste a évolué sur l’aspect logistique depuis 2009.

  • J-B : Quel est ton meilleur souvenir à ce poste ?

J-S : Il y en a vraiment beaucoup… C’est vraiment fatiguant, éprouvant. A peine une saison est terminée, il faut enchainer pour préparer la suivante. Mais je considère que c’est vraiment une chance de pouvoir vivre au quotidien auprès des athlètes le jour de leur compétition, de manger avec eux, comme le jour où Yohan Diniz devient champion d’Europe à Zurich.
Une vive émotion parcourt à ce moment-là J-S.
Prendre le petit déjeuner avec lui, l’accompagner dans le bus, le suivre tout au long de l’épreuve, revenir avec lui, passer 24h avec lui, j’en ai encore des frissons.
Il y en a eu tellement, comme le retour de Zurich à la gare de Lyon, l’accueil du public, la réception à l’Elysée avec François Hollande et il y a quatre ans avec Nicolas Sarkozy… J’ai conscience de vivre des moments privilégiés. Mais c’est du travail !

  • J-B : As-tu un mauvais souvenir, un regret ou quelque chose qui t’a déçu ?

J-S : Non, car même dans les moments difficiles, ce sont des moments forts.
Pour les moments difficiles, bien sûr il y a les blessures des athlètes, ce n’est jamais des moments faciles. Ils s’entrainent des semaines, des mois et se blessent parfois quelques jours avant les JO, comme par exemple Christelle Daunay, forfait 4/5 jours avant le départ.
On met beaucoup de confiance dans les athlètes, il y a des relations qui s’instaurent avec eux et quand certains se font prendre pour dopage, ce n’est pas des moments très faciles. Je ne leur jette pas la pierre, car personne n’est impardonnable mais les relations sont difficiles ensuite et s’ils reviennent un jour en EDF après avoir purger leur peine, on doit essayer de passer à autre chose…

Interview réalisée au lendemain du Décanation.


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